Depuis déjà un million d'années les hommes peuplent le sud-est de la France. Dans le Verdon, c’est la grotte de la Baume-Bonne qui en livre les plus anciennes preuves, datant de 500.000 ans : des milliers de siècles de présence humaine dans ces gorges à première vue inaccessibles. L’art préhistorique est bien sûr présent dans le Verdon avec les peintures schématiques de l’abri Donner à Quinson ou le soleil peint dans la galerie des Soleils du Réseau de l’Église à Baudinard. Plus tard la céramique chasséenne du pont de Quinson ou la céramique campaniforme associée à la sépulture du nouveau-né de la grotte murée à Montpezat.
Aujourd’hui, dans un souci de faire se rencontrer l’art contemporain et l’art préhistorique, le remarquable musée de préhistoire de Quinson, conçu par Norman Forster, dans les Alpes de Haute Provence, inaugure une exposition de peinture de Richard Bonnet. Ce travail est une passerelle, un dialogue avec cet art fabuleux qu’est l’art du paléolithique. Que l’on songe aux figures de la grotte Cosquer ou celles de Lascaux et l’on mesurera la proximité, la permanence de la sensibilité des hommes aux formes qui les entourent. Richard Bonnet a travaillé à partir d’ocres jaunes ou rouges, de cendres, de noir de vigne, de broux de noix, de charbon… autant de médiums qui traversent les siècles sans perdre de vigueur. Les figures de bifaces ne sont pas toujours scientifiquement fidèles : elles sont essentiellement des prétextes à la création plastique, seul enjeu réel de cette exposition où les grands formats viennent interroger la permanence d’un art sans « progrés ».
